article d'Arezki Metref


L'article d'Arezki Metref :
 La chronique du "fumeur de thé":
http://www.lesoirdalgerie.com/articles/2008/03/23/hakim.php
La pétition:

Voici la pétition en question. Vous pouvez envoyer vos signatures à l’adresse suivante : sos.libertes@yahoo.fr :
«APPEL Pour la tolérance
Pour le respect des libertés
Des journalistes condamnés à des peines de prison ferme et menacés d’incarcération. Des syndicalistes licenciés pour avoir revendiqué des salaires décents. Des chrétiens harcelés pour délit de prière.
Les signataires, vivement inquiets de cette escalade contre les libertés démocratiques :
- Expriment leur solidarité avec les journalistes libres, les syndicats autonomes et la communauté chrétienne d’Algérie, cibles de mesures aussi brutales qu’injustifiées.
- Réaffirment leur attachement à la liberté d’expression, au pluralisme syndical et à la liberté de conscience, synonyme du droit de chacun de pratiquer la religion de son choix, ou de ne pas pratiquer.
- Appellent à la tolérance et au respect des libertés et de la diversité, valeurs cardinales de toute société démocratique.
Alger, le 17 mars 2008.» 



Au cas où le lien deviendrait obsolète, voici l'article du 17 01 08 de la Dépêche
Vers la création d'une ''Commission de lutte contre la christianisation''
Cartographie religieuse et flamberge au vent

Aujourd'hui, une insidieuse et vénéneuse idéologie essaie de nous faire prendre l'ombre pour la proie en focalisant les regards sur une supposée campagne d'évangélisation qui toucherait spécialement la Kabylie et le sud du pays.

Pourtant, on vient de commémorer, ce 15 janvier, le sixième anniversaire de la mort d'un des plus fervents partisans/acteurs du dialogue des religions. Il s'agit de feu Abdelmadjid Meziane, ancien président du Conseil supérieur islamique qui a très tôt dénoncé publiquement l'intégrisme islamiste et son corollaire, le terrorisme.
Pour équilibrer l'entreprise de culpabilisation, on vient de rajouter les wilayas de Sidi Bel Abbès et Mascara. Le journal El Khabar d'avant-hier s'est fait l'écho de la création d'une cellule au sein des services de sécurité qui se chargerait de l'observation des activités de christianisation en Algérie. C'est à un véritable plan de lutte contre l' ''offensive croisée'', comme la qualifie le journal, que nous avons affaire.  On nous apprend que des imams et autres théologiens ont mené une enquête sur le terrain pendant une année au terme de laquelle ils ont élaboré un rapport qui propose au président de la République de constituer une ''commission de lutte contre la christianisation''. L'une des équipes qui s'en dégagera s'emploiera à " demander aux populations de la Kabylie de lui fournir toutes les informations sur l'identité des missionnaires et des personnes ciblées par leur action ".
Au fameux appât financier sur lequel serait basée la mission évangélique, notre commission substituerait ses propres dons pour faire garder aux candidats leur religion initiale et les sensibiliser au danger de la christianisation.  En Kabylie, le rapport des Ulémas a identifié 17 raisons-une précision à donner le tournis- qui auraient facilité la campagne de christianisation. On relève, entre autres, la ''non assimilation par les populations locales des questions de la foi et de la théologie et le vide spirituel''.
Les ''experts ès foi'' son même parvenus à cartographier le degré d'attachement à la religion des Algériens. Ainsi, les wilayas de l'Est et du Sud-Est seraient le ''parangon'' de la rectitude et de la fidélité en religion.  Pour avoir trop joué avec la cartographie religieuse et/ou ethnique, certains idéologues ont tout simplement été à l'origine de l'embrasement de leur pays. Le Rwanda, le Nigeria et le Liban sont les tristes exemples de la deuxième moitié du 20e siècle, sans parler des guerres intestines en Irak qui ont fait ''durer le plaisir'' des Américains et donné consistance à leurs infinie convoitise et vorace appétit.
Que gagnerait l'Algérie à s'enfoncer davantage dans les futilités et le cercle vicieux de la lutte contre les ''moulins à vent'' ? Ce donquichottisme nous fait non seulement tromper de cible en ce 21e siècle de la mondialisation où les retardataires et les faibles n'ont pas de place, mais conduit surtout à jouer avec le feu en montant en épingle la sensibilité religieuse au détriment de la citoyenneté, laquelle seule est censée fonder les valeurs de la République. Nous n'aurons rien inventé ; le Congrès de la Soummam et, avant lui, la Déclaration du 1er Novembre, sont clairs quant au caractère républicain et social de l'État algérien pour lequel plusieurs générations se sont sacrifié. S'agissant spécialement de la Kabylie étrangement mise sous les feux de la rampe, nous reprenons cette image. Dans une belle métaphore propre aux gens façonnés par la rudesse de la nature et le labeur des jours, un vieil homme de la montagne eut cette réplique à une question d'un journaliste qui se démenait à ''jauger'' sa foi: " L'on est, sur ces pitons et ces crêtes, tellement proches du ciel et de Dieu que l'on n'a pas besoin de le héler à tout instant ou de commenter ses commandements ". Comment peut-on se permettre encore de mettre flamberge au vent dès qu'une différence ou une simple nuance de teinte vient bousculer notre idée étriquée d'unicité et d'uniformité ? Tout en sachant que cela se passe dans un pays qui n'a pas retrouvé  toute sa sérénité et les vraies valeurs du travail à même de chasser l'esprit de la rente et l'ennui assassin ? Pas plus tard que la semaine passée, l'ancien numéro 2 du FIS, Ali Benhadj, a signé un communiqué dans lequel il soutient les actes terroristes du 11 décembre dernier à Alger en ces termes : " Ces attentats sont dictés par les principes de l'Islam à travers le Coran et la Sunna ". A bon entendeur, salut !
Amar Naït Messaoud


LONDRES, 17 sept 2010 (AFP) - Le pape dénonce les persécutions contre les chrétiens à travers le monde
Le pape Benoît XVI a dénoncé vendredi matin à Londres "l'ostracisme ou la persécution" dont sont victimes les chrétiens convertis à travers le monde, exigeant une "réciprocité" des autres religions dans l'ouverture aux autres confessions.
Le pape a demandé "la liberté de suivre sa propre conscience sans subir l'ostracisme ou la persécution, même si l'on s'est converti d'une religion à une autre", devant quelque 200 chefs des confessions chrétiennes et des religions principales du Royaume-Uni (juifs, musulmans, hindous, sikhs...)
"Je pense en particulier à des situations existant dans certaines parties du monde où la coopération et le dialogue entre les religions exigent le respect mutuel, la liberté de pratiquer sa propre religion et de prendre part à des actes de culte publics", a-t-il souligné.
Le pape faisait ainsi allusion à certains pays où les chrétiens font l'objet de persécutions. Dans son dernier message de Pâques, il s'était déjà inquiété du sort des "chrétiens qui à cause de leur foi subissent la persécution et même la mort", citant particulièrement le Pakistan.
Au cours des récentes inondations dans ce pays, le Vatican s'était également plaint des "discriminations systématiques" envers les victimes chrétiennes dans la distribution de l'aide.
Selon le document de travail du Vatican pour le synode sur le Moyen-Orient, qui aura lieu en octobre, les chrétiens ont été aussi au nombre des "principales victimes" de la guerre en Irak, alors qu'en Egypte "la montée de l'islam politique" et leur "désengagement" de la société civile "rendent leur vie sujette à de graves difficultés".
Enfin, en Turquie, "le concept actuel de laïcité pose encore des problèmes à la totale liberté religieuse du pays".
Soulignant "l'importance du dialogue et de la coopération avec les membres des autres religions", il a estimé que "ce dialogue exigeait une réciprocité de la part de tous les partenaires du dialogue et des membres des autres religions".
"Une fois ce respect et cette ouverture établis, les personnes de toutes les religions travailleront efficacement ensemble pour la paix et la compréhension mutuelle, et porteront ainsi un témoignage convaincant face au monde", a-t-il conclu.
Dépêche reproduite en particulier par le journal La Croix http://www.la-croix.com/afp.static/pages/100917130150.v88do2t9.htm




Pendant près de vingt ans, je l’ai vu arriver dans les studios de la Chaîne III, les dimanches de Pentecôte, Pâques et tous les autres jours de fêtes chrétiennes. La silhouette robuste et généreuse. La démarche dans le même temps assurée et feutrée. Pas un bruit, car l’homme à la barbe grise savait ce qu’était et ce qu’est un studio de diffusion radio. Discret, il patientait dans un coin, derrière le technicien et la console, attendant de venir dire dans le micro son message d’amour et de paix aux croyants. Et pas seulement d’ailleurs aux protestants et aux chrétiens, mais aussi et surtout à tous les Algériens en peine. En théorie, son arrivée dans le studio signifiait pour moi, qui y était depuis 6 heures du matin, la délivrance et la possibilité de grimper au sixième étage, griller une cigarette, boire un thé et récupérer de la fatigue avant le prochain rendez-vous d’info. Pourtant, je restais là, quelques minutes encore à écouter le pasteur Johnson. Je ne l’ai jamais, JAMAIS, entendu hausser le ton d’une octave, s’emporter comme certains «meskounines» de ma connaissance ni appeler à la violence. Je le dis tout net : je ne suis pas un acharné de la religion. Et c’est un euphémisme. Mon rapport à Dieu m’est personnel, m’appartient. Ce n’est donc pas le sujet. Mais je ne peux pas ne pas témoigner aujourd’hui de l’œuvre d’amour, de fraternité et de paix accomplie en Algérie par le pasteur Johnson. Je ne peux pas simplement détourner les yeux et fermer mes oreilles à cette injustice, à cette hogra dont il est victime, lui le résident algérien, lui qui est en nos murs depuis un demi-siècle. On pourra me sortir tous les rapports de flics possibles, tous les détails des filatures et des écoutes téléphoniques des grandes oreilles de tous les corps de sécurité de ce pays. Ils ne vaudront rien, nada, walou devant ma conviction que cet homme est bonté et partage. C’est comme ça ! C’est ma profonde et intime conviction. Je n’oblige personne à s’y convertir. Comme le pasteur n’a jamais obligé personne à se convertir à sa religion. Il venait juste apposer ses mots sur nos plaies et nos souffrances. Et nous, les compatriotes de Benhadj et de Abassi, nous qui leur fournissons protection et passeports venons dire au pasteur Johnson «casse-toi d’ici !» C’est affligeant. Ce n’est pas juste. Au sens laïque du terme. Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.
H. L.

http://www.lesoirdalgerie.com/articles/2008/03/01/hakim.php





Si tous les fumeurs et les non fumeurs de thé voulaient bien se donner la main...